30.01.2009

Visite d'un arboriculteur biologique et Fruitnet

« Rencontrer Pierre Marie LADURON est un univers en soi … »

Pierre marie Laduron 100808 - Copie


Dès les premiers instants de la visite de ses vergers, Pierre Marie nous a emporté avec passion et humour, à la découverte de ses connaissances et de son ouverture sur le monde.

Par son langage imagé, cet orateur nous a fait découvrir son travail d'arboriculteur dans ses moindres détails, gestes et questionnements. Dans ses vergers rien n'est laissé au hasard ou plutôt tout est utile, réfléchi, apprivoisé, …

Entre les allées d'arbres, de larges bandes fleuries, nommées dans le langage professionnel : « les nichoirs à insectes », sont entretenues pour attirer la plus grande diversité de pollinisateur. De même, pour éviter que les oiseaux (merles, mésanges,…) viennent picorer les fruits afin d'en extraire le jus pour se désaltérer, de larges bols d'eau sont placés, pour eux, au pied des arbres.                                   

Au fil de la visite, Pierre Marie nous interpelle sur les difficultés du métier, qui sont nombreuses :

-          La diminution inquiétante du nombre d’abeilles, qui rend la fécondation moins certaine.

-          La Grêle qui peut avoir des conséquences irréversibles. Les « fruits grêlés" sont bon pour le rebus, du fait des défauts d'aspect qui déprécies le fruit. Un filet de protection suspendu, à temps, au dessus des parcelles peut cependant limiter les dégâts.

-          Les chocs climatiques ou une trop forte humidité provoquent : « la rugosité de la pomme » dont la présence témoigne d'un stress lié à ces phénomènes.

-          Les rongeurs présents en nombre de 4 à 6OOO à l’hectare, peuvent s’attaquer au système racinaire des jeunes fruitiers. La plante affaiblit préserve alors le minimum vital, avec comme symptômes : de toutes petites feuilles et plus grave l’absence de fruit ! Afin d’éviter ces éventuelles dégâts, notamment de campagnols et autres "pics- assiettes", les racines des jeunes arbres sont entourées de treillis durant les premières années.

-          La nutrition des arbres est réalisée à l’aide de préparation de décoctions de purins d'orties, que Pierre Marie prépare lui-même jusqu'à présent. Après 2009, l'Europe,  ayant jugé que les arboriculteurs ne pouvaient garantir la traçabilité de ces préparations, elles seront interdites.

-          Les diverses maladies qui reviennent de façon cyclique :                                                                       "la tavelure": infection primaire qui se développe d'abord sur les feuilles des arbres, sous forme de mycélium, attaque ensuite le fruit et laisse des taches noires.               " la moniliose" chez la poire, qui impose d'enlever les fruits atteints, car la maladie se transmet quand les fruits se touchent.
"la roue grillagée du poirier " qui fait dépérir l’arbre à petit feu.

-          Les pulvérisations des arbres, avec des algues marines broyées, sont effectuées au rythme et en fonction du degré de menace de dégâts (économiquement important).
Certains arbres peuvent être traités au cuivre ou au soufre, pour un moindre mal par rapport aux produits chimiques.  Par ailleurs, bien que la présence de calcium n'ait rien de nocif sur la pomme, pour la commercialisation il ne peut y avoir aucun résidu visible.

-          Certains plus vieux arbres, plantés trop bas au départ, développent une croissance disproportionnée et font ce que l’on nomme des « bûches », au lieu de faire du fruit. Le sujet « porte greffe » a disparu, le tronc est surdimensionné. L'arbre a fait ses propres racines. Dans le jargon des arboriculteurs, un « M9 » est le nom du sujet « porte greffe le plus faible », qui supporte au dessus « le greffon », qui est donc la variété cultivée pour les caractéristiques de ces fruits.

-          Le problème de l'homogénéité des parcelles abîmées par la grêle, les rongeurs ou autres catastrophes (qui obligent à replanter de jeunes arbres) ajoute des difficultés d’entretien, de cueillette, … avec une incidence sur la rentabilité.     

-          L’estimation de la date de la cueillette. Celle ci se fait en fonction de la dureté du fruit, de sa maturation, des risques climatiques. (Par ex : dans le pays de Herve  elle a souvent lieu entre le 20 et 25 septembre du fait des vents puissants et fréquents qui font tomber les fruits). Une pomme trop mûre se voit par sa couleur et par sa cire naturelle, dont elle s'entoure pour garder son eau.

-          Les tuteurs choisis à l’origine en bois de châtaignier naturel, doivent être remplacés par de l'épicéa traité et plus résistant au sol argileux de notre région (pour un coût de 18€ par tuteur de 4.50m)

-          La "survit" des fruits conservés dans des frigos. Après 2 à 3 mois de conservation normale le fruit continue de mûrir. A la sortie du frigo, il y a parfois beaucoup de déchets.

-          Pierre Marie aborde aussi le problème d'étiquetage pour les fruits venant de pays tiers non Européen.

Visite Pierre Marie Laduron 100808 - Copie

9 variétés de pommes et 6 variétés de poires sont commercialisées par PM Laduron:
                            

Les poires: Conférence, Doyenné, Durondeau, Legipont, Beurrée de Tongres, Beurrée Alexandre Lucas

Les Pommes: Jonagold, King Jonagold, Elstar, Elshof, Gala, Boskoop, Jonagored, Pinova, Cox, Idared, Delbar Estivale, Delbar Jubilé, Jacques Lebel


 Nous avons pu voir également la "collection privée"  de Pierre Marie :

-          ses pruniers : Mr Hatif (genre de kirch du terroir pour tartes et marmelades)

-          Du Conducta

-          Du Priesses

-          les Simples et Doubles Altesses

-          La pomme "Blanche des Neiges " autrement dit "la Blanche Transparente" ou encore "la pomme d'Août"...qui ne se conserve pas longtemps et est en voie de disparition.

-          La poire "Claps" très sucrée mais pas de conservation possible.

-          La poire "Bonne Louise d'Avranches", délicieuse pour la fabrication du sirop, sans conservation.

La poire "La Beurrée Alexandre Lucas", excellente !



Après avoir abordé ces différents domaines, Pierre Marie évoqua la satisfaction qu’il retire de sa « pratique écologique » du métier et du plaisir qu’il a à la partager, notamment à l’occasion de ces visites, après un bon pique-nique fait de pommes, fromages, vins et autres gourmandises! 

Nous savons maintenant avec quel doigté et délicatesse cueillir les pommes et mesurons le travail de finesse dont doit faire preuve l'arboriculteur.


Nous avons passé ici, ensemble, un moment enrichissant, joyeux et gourmand. Nous remercions Pierre Marie, son épouse et toute sa famille pour leur soutient inconditionnel à la vie de ces magnifiques vergers qui apportent douceur et délice sur nos tables.

 

23:32 Écrit par Slow Food dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

Commentaires

Monsieur Bonjour

Je vous félicite et j espère pouvoir manger encore longtemps de vos pommes et poires je suis clients de fruitnet depuis plus de 20 ans puisque je me fournissait chez votre collègue de fleurus.
longue vie a votre familles ainsi que votre merveilleuse entreprise qui nous fait encore rêvé
Merci beaucoup

Écrit par : Frisquet Willy | 18.08.2010

Possesseur d'un vieux poirier "claps" aujourd'hui mort le cherche à me procurer un ou plusiers nouveaux plants dans le nord de la france. où cette varièté est elle commercialisée

Écrit par : delplanque | 11.02.2012

Je vous conseille de demander à la pépinière de Louveigné, près de Sprimont ou à Pierre-Marie Laduron de Warsage
Bien à vous

Écrit par : Anne-Sophie | 11.02.2012

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